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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 17:01
Séance plénière du Conseil général sur le redécoupage de la carte cantonale

A l'occasion de ce débat de politique générale, il est nécessaire de lever quelques ambiguïtés.

La première serait de rappeler que ce débat est bien une obligation faite par la loi aux Conseils généraux de se prononcer sur un redécoupage qui n'est autre que la conséquence de la réforme territoriale qui a déjà été débattue à l'Assemblée nationale. Cela ne sera pas pour nous un débat puisque le texte a été adopté, même s'il faut retenir que ce fut à une très faible majorité, non pas que la majorité soit faible, mais en l'occurrence sa faiblesse traduisait la réticence de nombreux élus - au Sénat comme à l'Assemblée nationale - à l'encontre des fondements mêmes de ce texte. Il ne s'agit pas d'une discussion sur un redécoupage ou un charcutage politique, mais j'aime bien la formule de "remembrement électoral", cela ressemble en effet à un remembrement avec toutes les conséquences que cela peut avoir et que nous avons connues dans le monde agricole. Ce remembrement électoral a des conséquences sur la vie quotidienne. Je voudrais m'y arrêter un instant car cette réforme emporte à la fois un découpage et les conséquences réelles d'une réforme territoriale qui a des enjeux particuliers pour nos populations.

Sous le titre "Les fractures françaises", une analyse menée par M. Christophe Guilluy a été présentée récemment à une association de maires ruraux. L'auteur aboutit au constat que les populations qui se trouvent hors des grandes métropoles sont les plus fragilisées. Il nous appartient dans un Etat organisé d'assurer un aménagement équilibré du territoire. Ce diagnostic sans complaisance tire les conséquences que produit la technocratie parisienne et centralisatrice.

Selon cette étude, la France est coupée en deux : des métropoles qui représentent 80 % du PIB et un tissu rural et périurbain qui s'appauvrit globalement, qui reste angoissé et qui représente encore 60 % de la population française. A cela s'ajoute un contexte de mondialisation qui accentue le clivage entre les urbains et les ruraux, entre les riches et les pauvres, entre les visibles et les invisibles. Ce fossé se creuse entre les métropoles et les petites communes, entre les capitales régionales ou départementales et leurs banlieues. Même dans le péri-urbain, la crise est là.

Cette discrimination géographique s'accentue et elle n'est hélas pas prise en compte dans cet aménagement du territoire. Ce déséquilibre va grandissant car les populations qui travaillent hors des métropoles sont fragilisées. Elles sont incomprises alors qu'elles sont majoritaires dans le pays. Ces habitants se sentent délaissés, voire méprisés et expriment de plus en plus souvent leur colère à travers des votes extrêmes qui souvent nous interpellent : on s'interroge pour savoir pourquoi certaines communes rurales votent Front national, parfois massivement, ou alors s'abstiennent.

Il a été fait allusion dans le débat à l'exemple des Bonnets rouges de Bretagne ; ils sont nés du même problème : un sentiment de délaissement. Dans une telle situation, chaque plan social devient une catastrophe pour un territoire.

La réforme territoriale accentuera encore ce phénomène d'inégalité. Ce n'est pas un sentiment d'inégalité, c'est une véritable inégalité entre les grandes villes et le milieu rural ou péri-urbain.

Ce découpage vise et atteint les derniers échelons de proximité et d'égalité que sont les petites communes et les Départements. Au fond, pire que le charcutage électoral prévisible dans la loi et concrétisé dans notre département sur les cantons du Mans, cette réforme entraîne un découpage mortifère pour la démocratie locale et les petites communes.

S'agissant du futur canton de Saint-Calais, par exemple, la rationalité et la visibilité, c'est raté : on ne tient pas compte des bassins de vie, il y a trois circonscriptions concernées et on voit bien que seul le critère démographique a été pris en compte. In fine c'est bien la disparition des Conseils généraux comme a pu le laisser entendre le Président de la République lors de ses vœux qui est à l’œuvre ou, plus encore, la création des métropoles qui exercent désormais les compétences précédemment exercées par les Conseils généraux.

Je crois qu’au-delà des préoccupations qui peuvent être celles du redécoupage, au-delà des préoccupations qui peuvent paraître éloignées des attentes de nos concitoyens qui connaissent une crise sans précédent, il y a véritablement une atteinte à la démocratie locale.

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Published by LE MENER
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Dominique LE MENER

Député de la Sarthe

Membre de la Commission des Affaires Culturelles et de l'Education

Président

du Conseil départemental

 Conseiller départemental du canton de Saint-Calais

 

 

 

La 5ème circonscription

- 11 cantons : Ballon, Bonnétable, La Ferté-Bernard, La Fresnaye-sur-Chédouet, Le Mans-Nord-Campagne, Le Mans-Nord-Ville, Mamers, Marolles-les-Braults, Montmirail, Tuffé, Vibraye

- 113 communes

116.000 habitants

Permanences

 

Dans la circonscription

 

MERCREDI 29 AVRIL

10 H 00

Mairie de St-Gervais-de-Vic

11 H 30

Mairie de St-Michel-de-Chavaignes

JEUDI 30 AVRIL

14 H 30

Mairie de Montmirail

16 H 00

Mairie de Lavaré

JEUDI 7 MAI

10 H 00

Mairie de Thorigné-sur-Dué

11 H 30

Salle Simone Veil à Saint-Calais

JEUDI 21 MAI

10 H 00

Mairie de Courgenard

11 H 30

Mairie de Dollon

JEUDI 28 MAI

10 H 00

Mairie de Tresson

11 H 15

Mairie de Marolles-les-St-Calais

14 H 30

Mairie de St-Jean-des-Echelles

16 H 00

Mairie de Berfay

 

 

 

 

Permanence parlementaire

 

Résidence "Les Noisetiers"

119 rue de Malpalu

72000 LE MANS

Tél : 02.43.76.07.41 - Fax: 02.43.76.12.79

Ouverte du lundi au vendredi

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